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Dole - Review of Speed Of Hope (Rock This Town may 1986)

date: May 5, 1986


 

C'est un long chemin pour arriver au sommet. 
Mais les gars de Dole semblent de solides grimpeurs. 

DOLE DE SURPRISE
 

Moi, je pense que c'est le passage de la comête de Halley qui rend cet album lumineux et qui donne le coup d'amnésie instantané: dorénavant, on n'aura plus cette blessante obligation d'introduire Dole dans toutes ses limites: "Jeune groupe belge originaire du sud-Luxembourg, bonne tenue scénique, et production vinylique euh... variable (gêne) sur trois simples/maxis". Parce que Dole vient de réaliser dans le genre le plus batardisé (la new wave anglaise), la meilleure surprise génétiquement possible de l'année: "The Speed Of Love" est son nom. Et il s'agit de leur premier long-playing.

Ces six musiciens pas si jeunes que ça (entre 23 et 25), traïnards a leurs propres dires (On compose deux chansons par an), qui se rencontrent a un lointain concert d'AC/DC, rêglent maintenant d'une maniêre définitive l'addition de toutes les frustrations possibles (peu de moyens, peu de concerts, peu d'horizon): huit morceaux qui font la totale avec les vieux hiboux du rock belge, huit morceaux en état de gra¢ce. 

Revenons-en aux faits. L'automne dernier, le groupe un peu fatigué de ne pas trop savoir ce qu'il veut décide de s'y mettre: "On a décidé d'essayer plus". La boïte a rythmes des débuts est remplacée par une machine humaine depuis septembre 85 et Rumroad, le troisiême simple est clairement plus aéré. Gra¢ce soit rendue a la production-amitié d'Adrian Borland, leader d'anglais méconnus, The Sound, des artisans, un peu fragiles pour le grand public. Borland rempile pour l'album et les 
travaux prennent place sept nuits d'affilée en février 86 au studio Pyramide de Beersel. Sept morceaux sont enregistrés en 80 heures: "Le matin, sur le ring, on dépassait des voitures conduites par les gens speedés en route pour leur travail. C'est une semaine, oa¹ on a vécu ensemble, oa¹ on a habité un peu comme dans un dortoir." Borland ramasse l'identié de chaque morceau et protêge la cohérence de l'album, les Dole récoltent les couleurs et s'appliquent, recommencent s'il le faut: "Trouver ce qui plaït aux six est toujours un miracle parce que chacun a son mot a dire et cela a toujours été comme ça. C'est notre seule façon de tourner et d'exister depuis cinq ans. Au moment de la gravure du disque, on s'est dit "bon dieu, on y est arrivé"" 

L'identité Dole tient a ça: a cette fluidité mélodique qui rappelle parfois les Smiths (Maybe Tomorrow), a cette fraïcheur dégagée sans fausse naiveté diaphane, capable aussi de faire du rock en acte de violence (Third Man) ou en intensité limpide et aussi incendiaire (le três beau Slumberland). Un groupe qui se place au-dessus de l'américanisation barnumesque prétenda»ment virile mais casse-pompon (la dérive U2 et Simple Minds), en crête d'une vague cassée qui coupe peut-être le cordon ombilical avec la nouvelle déja ancienne (78) et ce, par le retour de ce qui a fait le prix des premiêres brises new wave: le sentiment de la jeunesse. C'était sans doute le prix a verser et le compte de Dole, est tout bon.

Pol'ter Geist II (Rock This Town (may 1986))

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