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The Sound - From The Lions Mouth review (Philippe L. 07-04-2006)

date: Apr 7, 2006


 

The Sound - From the Lions Mouth 

C'est toujours la même histoire, la sincérité les tripes sur la table, c'est un peu dur a la fin. Dans la tourbiêre post-punk il y a des sincêres qui cherchent le détachement comme Ian Curtis - qui enfin apaisé ? pourra disparaïtre-, des sarcastiques mélancoliques comme Colin Newman, des auto apitoyés mous comme Robert Smith des centristes indéfinis comme Ian Mc Cullough ; Adrian Borland le leader de The Sound lui est un grand sincêre, un vrai type bouleversant, pas un poête diaphane distancié en représentation mordorée. Donc un type normal, terrien qui se débat avec de vrais démons, on dira qu'il ne triche pas ; De l'intensité que de l'intensité, pas trop de subtilité vous me direz mais est-ce si important ?!! 

Déja dans le premier album de The Sound " Jeopardy " dês le premier titre " I can't escape myself " tout est la vraiment, plombé-plombant " All my problems /Loom larger than life /I can't swallow /Another slice. " sur une musique dominée par des guitares acérées et une rythmique minimale rappelant Wire et surtout Joy Division sans les intuitions géniales de Martin Hannet et la bienheureuse incompétence technique. " Jeopardy " est un disque un peu naïf oa¹ on a l'impression que le groupe fonce droit dans le mur, avec une énergie encore juvénile " We are young/But are we strong?/We've held out/ For so long. "; 

Ce qui frappe dans le second album " From the Lions Mouth " c'est tout d'abord ce son franc du collier. Un son qui ne cherche pas a être mystérieux a faire le malin, un son puissant et dense. C'est un disque qui se révêle par une écoute intensive le volume au maximum un disque d'une gra¢ce simple (oui il y a de cela) gra¢ce non cachée, qui est complêtement ouverte, apparente, grande sincérité je vous dis !! On est des le premier titre " Winning " saisi par un Borland d'une émouvante franchise " When you're on the bottom/Crawl back to the top /Something pulls you up/and a voice you can't stop " on ne triche pas c'est un type qui vous donne tout, presque un sacrifice et tout le disque est comme a d'une intimité extraordinaire avec l'auditeur, une offrande empoisonnée. Entre la confession et l'exaltation on ne baisse pratiquement pas de niveau : il y a l'héroïque " Contact the Fact " " Contact's the fact - I need it/Contact you because I need you " l'extraordinaire " Skeletons " nous vivons comme des squelettes ! tout un programme ! avec au milieu le pont le plus puissant a l'Ouest du post-punk oa¹ quand la voix de Borland réintêgre le bercail on reste comme pétrifié d'admiration ... le três Joy Divisionesque " Fatal Flaw " sombre et a la mélancolie spongieuse ... le furieux " The Fire " et surtout le bouleversant " Silent Air " que l'on écoute la gorge nouée : Le titre que U2 -avec les même armes pourtant- n'écrira jamais, oa¹ Borland essaye de contenir des flots d'émotions qui s'échappent de lui irrémédiablement, une três grande CHANSON, vraiment. 

Beaucoup seront rebutés par " From the Lions Mouth " qu'ils trouveront pataud voir naif, du Interpol d'origine juste un peu mieux et franchement la new-wave circa 1980 a§a bra»le plus rien depuis longtemps. Et bien qu'ils sachent qu'ils se trompent, et que plus on l'écoute plus ce disque devient solennellement addictif, la sincérité je vous dis, c'est fou ce que l'on fait avec de la sincérité. D'ailleurs qui aime au second degré ? 

Adrian Borland prouvera que sa grande sympathie avec ses multiples démons intérieurs n'était pas feinte en se jetant sous un train en 1999. Il avait 41 ans décidément tenter de s 'échapper hors de soi même est une entreprise bien périlleuse. 

Philippe L 
vendredi, avril 07, 2006

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