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The Sound - From The Lion's Mouth review

date: Feb 26, 2014


 

Quelques soient les genres, à Liverpool, il ne fait pas bon passer après les Beatles... C’est comme si une malédiction y maintenait tous les musiciens au ras du sol, somme si les sirènes de la Mersey empêchaient leur envol, n’ayant épargné que Echo & The Bunnymen, artisans sobres d’un rock racé qui n’a malgré tout pas récolté le succès mondial qu’il aurait dû, selon certains. The Sound étaient sobres, eux aussi, comme leur patronyme. Mais pour eux, la chance a été moins clémente : aucun succès, des années de galère, qui continueront en solo pour le leader Adrian Borland, jusqu’à l’issue fatale. Pourtant, ces représentants idéaux d’un certain classicisme cold wave étaient bien moins dark que Joy Division. Les nerveux premiers titres de ce 2ème album sont même poussés par une dynamique positive, une tenace envie de s’en sortir malgré tout.

Et l’impression prégnante, comme chez tant d’autres à Liverpool, d’avoir affaire à des artisans honnêtes et habités, humbles et peu enclins à dévier au gré des modes. Car le voilà, enfin, ce trésor qui les cloue tous au sol, depuis sous la surface, comme un aimant mystérieux et doré : le style. Adrian Borland est un Ian Curtis en plus introverti, qui voudrait sortir de lui-même sans pouvoir, et de cette tension omniprésente nait le style The Sound. Sans aller jusqu’à les cultifier comme c’est semble-t-il le cas depuis peu (tout ça parce qu’ils ne se reformeront pas, pour la triste raison que le Borland s’est foutu en l’air), il faut leur reconnaître d’appartenir à cette noble lignée qui contient Joy Division et les Chameleons. Ils sont entre les deux, malgré un son de synthé vraiment daté, et en dépit de certains écarts d’autant plus voyants, comme ce Skeletons torturé où les dissonances de Second Layer semblent l’emporter sur le pauvre Borland.

C’est d’ailleurs sa voix qui fait tout l’attrait du groupe, si blanche, si monocorde, ni neutre. « Victime consentante des circonstances » comme il se décrit lui-même, ce type à lui seul ferait perdre ce sourire niais à tous ces fans d’Interpol, qui croient que singer est jouer. Mais ceux qui ne trichent pas n’ont aucun contrôle, ni sur les choses, ni sur eux-mêmes. “There’s a devil in me/Trying to show his face/There’s a god in me/Wants to put me in my place/I’ve gotta get a hold of mysef/I’ve gotta be in possession" (lundi 27 février 2012)

Guts Of Darkness



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